Félix Tshisekedi soupçonne le général Yav d’avoir contribué à créer des « faux rebelles rwandais FDLR » pour donner des alibi aux agressions répétées du Rwanda en RDC.
Les FARDC, appuyées par les troupes de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), ne sont pas parvenus à reconquérir Bunagana, cité frontalière avec l’Ouganda sous contrôle des « terroristes du M23 » depuis mi-juin, ni d’endiguer les attaques meurtrières des groupes armés tels que les ADF.
Lorsque Félix Tshisekedi devient président, Philémon Yav est considéré toujours comme l’un de ses hommes de confiance, parfaitement loyal. Affecté au milieu des années 2000 dans l’Est, il sera accusé d’avoir fourni des armes aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans un rapport des Nations unies – un soutien présumé de la RDC aux FDLR qui est, aujourd’hui encore, un des sujets de tension entre le Congo et son voisin rwandais.Le Rwanda accuse la République démocratique du Congo et ses forces armées de collusion avec les FDLR, forces génocidaires. Une thèse que le président congolais a qualifié de « forces fantômes et imaginaires » dans son discours aux Nations unies. « La RDC a toujours fait des efforts pour neutraliser, arrêter et rapatrier les rebelles rwandais du FDLR et leurs familles « .
La République démocratique du Congo n ‘est pas et ne sera jamais génocidaire » a déclaré le président congolais Félix Tshisekedi à l’ ONU.
« Je soutiens que la prétendue collaboration que certains officiels congolais entretiendraient avec les FDLR, rebelles rwandais dont se servent les dirigeants rwandais pour justifier les agressions répétées de la RDC est un alibi qui n’est corroboré par aucun fait avéré sur le terrain ». « De quelles FDLR parlent t-on » ? a rétorqué le président dans son discours. Félix Tshisekedi contredit les arguments du secrétaire d’État américain Antony Blinken.
Lors de sa visite en RDC, Blinken a mis sur un même pied d’égalité la RDC et le Rwanda. La » RDC soutient les Forces démocratiques de libération du Rwanda et le Rwanda soutient les M23″.
Pour étayer sa thèse que la RDC ne soutient pas les FDLR , Félix Tshisekedi a fait arrêter Philémon Yav longtemps accusé de fournir des armes aux rebelles rwandais par le rapport des Nations Unies le mardi 20 septembre.
Nommé en juillet dernier à la tête de la 3e zone de défense des Forces armées de la RDC (FARDC), ce dernier chapeautait cinq provinces, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où opèrent plus d’une centaine de groupes armés dont les islamistes des Allied Democratic Forces (ADF) et les rebelles du M23.
Selon plusieurs sources au sein de l’état-major, son arrestation fait suite à une enquête discrètement diligentée dans les rangs de l’armée congolaise afin d’identifier de possibles collisions avec Kigali. La présidence de Félix Tshisekedi et un pan de ses services de sécurité soupçonnent de longue date certains officiers supérieurs des FARDC de fournir des renseignements confidentiels et stratégiques au Rwanda. Ce qui explique la faiblesse des Forces armées congolaises sur terrain face aux M23 reconnu par l’ONU comme « une armée professionnelle » .
Coco Kabwika